Vie quotidienne

Et si on ne s’occupait pas des enfants ?

Titre étrange, n’est-ce pas ? La blogueuse aurait-elle perdu la boule pendant ce confinement ? C’est possible. Cet article m’a été inspiré directement par ce confinement, et la (mauvaise ?) gestion de ce temps libre avec mon fils. Mais cette idée m’est aussi venue à force de voir des idées d’activités fleurir un peu partout, entre les blogs, les mails de marques jeunesse, les articles du site de la mairie, …

Pour être juste, les idées d’activités à faire avec son enfant ont toujours été légion sur le net. Avec cette idée sous-jacente, il me semble parfois, que plus on fait des activités avec son enfant, plus on assure en tant que maman. Ou en tant qu’assistante maternelle d’ailleurs. Surtout en tant qu’assistante maternelle ! C’est presque une obligation de détailler ce qu’on propose comme activités sur son CV : Alors lundi pâte à sel, peinture avec les doigts, transvasement de pâtes ; mardi atelier pâtisserie, gommettes, pâte à modeler ; mercredi peinture propre, transvasement de semoule, … J’exagère à peine !

Je sais bien, en tant que professionnelle de la petite enfance, l’éveil est très important pour les petits. Mais depuis quand l’épanouissement d’un enfant se mesure-t-il au nombre d’activités qu’il fait ?

Quand je travaille, même si je ne propose pas d’activités tous les jours, je suis en permanence par terre, avec les enfants (je garde une petite plus mon fils). On nous l’a assez répété en formation, tout le temps qu’on accueille des enfants, on est au travail, et plus vraiment dans notre maison. On ne doit surtout pas faire du ménage ou cuisiner. On est payé à s’occuper des enfants, on doit donc être 100% avec les enfants.

 

Mais depuis un mois, je ne travaille plus. Je suis enfermée à la maison avec Petit Bonhomme, qui s’amuserait tellement au parc maintenant qu’il marche. Et je l’avoue, je n’ai eu aucune envie de passer mes journées à jouer avec lui. Encore moins de faire des activités !

J’ai culpabilisé. Je me suis dit parfois que j’étais une mauvaise mère. Je me suis inquiétée au début de le voir tourner en rond. Mais rongée par le stress, la déprime parfois, l’incertitude, je n’étais vraiment pas d’humeur à m’occuper de lui comme d’habitude.

C’est alors que j’ai découvert que loin de se laisser abattre par ce délaissement de ma part, Petit Bonhomme trouvait de quoi s’occuper seul. Parfois de façon insolite !

Il aime bien jouer avec les gourdes vides que je stocke dans une boîte avant de les déposer dans un point de collecte. Tout mettre par terre. Et parfois tout ranger.

Il a un jour trouvé le bac à pommes de terre. Et cette patate qu’il tenait dans sa main semblait être le jouet le plus amusant du monde. Depuis, il sait dire patate, et c’est un mot qu’il affectionne beaucoup.

Je le surprends quelques fois dans un petit coin, assis ou allongé, en train de chanter ou de parler. Et rien n’est plus adorable que cela.

Quand il réussit à piquer une éponge dans la salle de bain, il se met à frotter par terre.

Dans le même registre, sa passion pour l’aspirateur s’est accrue et il passe beaucoup de temps à passer son petit aspirateur dans toute la maison. Ceux qui ont décidé qu’une assistante maternelle ne devait pas nettoyer en présence d’enfants n’ont certainement jamais vu un enfant passionné par l’aspirateur !

Et puis Petit Bonhomme prend sa voiture à friction pour jouer sur le tapis d’entrée (je ne sais pas pourquoi, mais c’est toujours à cet endroit), ou essaie d’assembler les rails de son circuit de train, ou alors, il joue avec n’importe lequel de ses jouets. Et il n’a pas besoin de moi pour cela !

Et si finalement, le fait de ne pas m’occuper de mon fils était bénéfique pour lui ? Et si je pouvais nettoyer, ranger, cuisiner, jouer sur mon téléphone et même regarder la télé, et que mon bébé de 13 mois me regardait faire, m’imitait, ou s’occupait de son côté ?

Finalement, je me rends compte que je me mets beaucoup (trop) de pression à vouloir assurer en tant que maman. Mais que assurer en tant que maman, parfois ça veut peut-être dire laisser mon fils se débrouiller seul et ne plus m’occuper autant de lui.

 

Evidemment, ce n’est pas toujours comme cela. Il y a des jours où Petit Bonhomme s’accroche à moi toute la journée, refusant catégoriquement que je puisse faire quoique ce soit sans lui. Il y a aussi des moments où j’ai envie de jouer avec lui, par terre, et d’autres moments où j’ai envie de lui proposer une activité peinture.

Et il y a même des fois où Petit Bonhomme va ouvrir le tiroir à brouillons, prends une (ou quinze) feuille et me fait comprendre qu’il a envie de dessiner. Et ça, je trouve que vraiment génial !

 

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